La maladie de Parkinson est une affection neurologique complexe et évolutive dont la prévalence croissante soulève des enjeux majeurs pour le secteur de l’assurance. Elle est le trouble neurologique avec la plus forte croissance mondiale, son impact s’étend au-delà des soins cliniques, impliquant des considérations cruciales en matière de souscription, d’évaluation des sinistres et de conception de produits.
Dans cet article, nous explorons les multiples facettes de cette pathologie, afin d’approfondir la compréhension de sa physiopathologie, de ses manifestations cliniques et des approches thérapeutiques disponibles. En mettant en lumière les dernières avancées en matière de recherche et d’options de traitement, nous souhaitons vous apporter les connaissances nécessaires à l’appréhension de cette maladie.
La maladie de Parkinson est causée par la dégénérescence progressive des neurones dopaminergiques dans une région du cerveau appelée substance noire. La dopamine est un neurotransmetteur clé impliqué dans la coordination de mouvements fluides et ciblés. Souvent perçue comme un trouble moteur, la réduction de dopamine affecte également les fonctions sensorielles, cognitives et psychologiques.
Elle est le trouble neurologique avec la plus forte croissance mondiale, son impact s’étend au-delà des soins cliniques.
La cause précise de la maladie de Parkinson demeure incertaine, cependant, dans certains cas, elle peut présenter une composante héréditaire[1]. Si elle touche majoritairement les personnes âgées de plus de 60 ans, des formes précoces peuvent apparaître dès l’âge de 20 ans[2].
La maladie de Parkinson affectant le système nerveux central, certains symptômes peuvent être chroniques ou progressifs. Dans la majorité des cas, les symptômes ont progressé au moment où le diagnostic est posé, et les personnes ont de la difficulté à contrôler leurs mouvements, notamment des tremblements, des raideurs et des troubles de l’équilibre[3]. Les symptômes moteurs courants comprennent :
Bien que les symptômes moteurs puissent rendre difficile l’accomplissement des tâches les plus simples, d’autres symptômes non moteurs peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie :
Bien que la maladie de Parkinson elle-même ne réduise pas considérablement l’espérance de vie, les complications liées aux symptômes, telles que la pneumonie par aspiration ou les chutes, peuvent contribuer à de graves risques pour la santé.
La maladie peut avoir un impact significatif sur la vie quotidienne et le bien-être d’une personne. Le type, le nombre, la gravité et la progression des symptômes de la maladie de Parkinson varient considérablement selon chaque personne. Certains individus peuvent ne pas présenter tous les symptômes, et les changements peuvent être ressentis sur une période de 20 ans ou plus[4].

Figure 1 : Stades de la maladie de Parkinson. Source : https://parkinsonsdisease.net/basics/stages
De nombreux cas de maladie de Parkinson à un stade précoce ne sont pas diagnostiqués, et c’est à ce stade que les interventions peuvent être les plus efficaces. L’approche traditionnelle, dans laquelle les cliniciens attendent que les patients présentant des symptômes de la maladie de Parkinson viennent consulter a des limites.
La maladie de Parkinson est la maladie neurologique qui connaît la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale, les taux d’incidence ayant doublé au cours des 25 dernières années.
Des conditions telles que le trouble du comportement en sommeil paradoxal, avec une valeur prédictive supérieure à 90 % pour la maladie de Parkinson[5], sont de plus en plus reconnues comme un indicateur pronostic clé. L’intégration de mesures de dépistage simples sur les comportements liés aux rêves peut améliorer considérablement la stratification et l’identification précoces du risque.
L’identification précoce et proactive de la maladie de Parkinson pourrait permettre des actions appropriées, et les technologies numériques de santé ont le potentiel de soutenir l’identification à grande échelle et le diagnostic précoce
La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer (MA), touchant plus d’un million de personnes aux États-Unis[6], contre plus de 30 000 atteintes de sclérose latérale amyotrophique (SLA[7]). Alors que la maladie d’Alzheimer altère principalement la mémoire et le langage, qui sont des fonctions associées aux lobes frontaux et temporaux, la maladie de Parkinson est plus centrale, affectant les ganglions de la base et la substance noire, qui sont essentiels au contrôle moteur.
La SLA, en revanche, est une maladie du motoneurone qui cible les nerfs périphériques, entraînant une fonte musculaire rapide et mortelle, et est souvent considérée comme la plus dévastatrice des maladies neurodégénératives.
La maladie de Parkinson partage également certaines similitudes avec la démence à corps de Lewy (DCL), notamment en raison de la présence d’agrégats d’alpha-synucléine, et elles peuvent présenter des symptômes moteurs et cognitifs. Cependant, la maladie de Parkinson commence généralement par un dysfonctionnement moteur, telle que la bradykinésie, la rigidité et les tremblements, tandis que la DCL se manifeste souvent par un déclin cognitif précoce.
La maladie de Parkinson est la maladie neurologique qui croît le plus rapidement à l’échelle mondiale, avec des taux d’incidence qui ont doublé au cours des 25 dernières années[8]. Cette croissance souligne le besoin urgent de traitements modificateurs de la maladie et d’outils de diagnostic améliorés.
Il n’existe pas de traitement contre la maladie de Parkinson, et la plupart des médicaments disponibles se concentrent principalement sur la gestion des symptômes. Les médicaments actuels comprennent :
Des recherches continues sont menées pour identifier de nouveaux traitements et thérapies. Les scientifiques explorent les thérapies géniques, l’amélioration de l’autophagie et les sénolytiques pour cibler les mécanismes sous-jacents de la maladie. L’exercice et la luminothérapie sont également prometteurs pour améliorer les symptômes et la qualité de vie. Les recherches en cours sur l’édition de gènes CRISPR et les traitements modificateurs de la maladie offrent de l’espoir pour l’avenir.
Au début de l’année 2025, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé Onapgo, un nouveau traitement. Cette thérapie cible les personnes atteintes de la maladie de Parkinson en progression qui présentent des fluctuations importantes du contrôle moteur tout au long de la journée. Il s’agit d’une perfusion continue sous la peau qui délivre de l’apomorphine, qui aide à contrôler les symptômes moteurs comme les tremblements. C’est la première thérapie à base d’apomorphine par perfusion approuvée aux États-Unis pour la maladie de Parkinson[9].
Au fur et à mesure que la maladie de Parkinson progresse, les effets des médicaments peuvent s’avérer moins efficaces sur les symptômes moteurs, ce qui entraîne une déficience fonctionnelle accrue. Bien que plusieurs traitements restent efficaces pour gérer les symptômes, de nombreuses personnes se tournent également vers des stratégies complémentaires pour un meilleur bien être. Des recherches suggèrent que le maintien d’une alimentation saine et la pratique régulière d’un exercice physique peuvent soutenir la fonction musculaire et la qualité de vie globale des personnes atteintes de la maladie[10].
Dans le cadre d’une étude pilote révolutionnaire[11], des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont administré en toute sécurité de la psilocybine, un composé psychédélique présent dans les « champignons magiques », à des patients atteints de la maladie de Parkinson légère à modérée. C’est la première fois qu’un psychédélique est testé dans une population atteinte de maladies neurodégénératives.
Les participants ont reçu deux doses (10 mg et 25 mg) espacées de deux semaines, ainsi que huit séances de psychothérapie. Les résultats ont été frappants : les patients ont connu des améliorations cliniquement significatives de l’humeur, de la cognition et de la fonction motrice qui ont persisté pendant des semaines après que le médicament ait été éliminé de leurs organismes.
Ces résultats sont particulièrement convaincants étant donné que les symptômes de la maladie de Parkinson, tels que la dépression et l’anxiété, précèdent souvent les symptômes moteurs et sont de puissants indicateurs de la qualité de vie. Les antidépresseurs traditionnels échouent fréquemment sur cette population, ce qui suggère que la psilocybine pourrait offrir une nouvelle voie thérapeutique. Encouragée par ces résultats, l’UCSF lance maintenant un essai clinique plus vaste pour explorer davantage le potentiel de la psilocybine dans le traitement de la maladie de Parkinson.
Profil
Historique médical
Analyse des critères à la souscription
Compte tenu de l’âge du demandeur, de la progression de la maladie et de son état fonctionnel actuel, ce cas ne pourrait être accepté au tarif standard pour un produit d’assurance de personnes. Une surprime modérée liée à la mortalité serait appliquée à la prime. |
Figure 2 : Exemple d’étude de cas de la maladie de Parkinson dans le contexte de la souscription.
La maladie de Parkinson est considérée comme la maladie neurologique dont la progression est la plus rapide au monde[12]. En raison de sa nature évolutive, les symptômes s’intensifient souvent avec le temps, les cas graves posant de plus grands défis en matière de soins et de risques financiers.
En comprenant les stades de la maladie, les options de traitement et l’hétérogénéité entre les individus, les experts en risques peuvent mieux anticiper les résultats potentiels et prendre des décisions de souscription en conséquence.
N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez en savoir plus sur l’évolution de la maladie de Parkinson et/ou pour discuter des impacts sur la mortalité et la morbidité ou des initiatives en matière de nouveaux produits qui en découlent.
Cillian Tierney, Head of Medical Underwriting Propositions and Products, Global Life & Health
[1] https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/8525-parkinsons-disease-an-overview
[2] https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/8525-parkinsons-disease-an-overview
[3] https://www.ninds.nih.gov/current-research/focus-disorders/parkinsons-disease-research/parkinsons-disease-challenges-progress-and-promise
[4] https://www.parkinson.org/understanding-parkinsons/what-is-parkinsons/stages
[5] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11481685/
[6] https://www.parkinson.org/understanding-parkinsons/statistics
[7] https://www.cdc.gov/als/php/abstracts-publications-reports/prevalence-2022-2030.html#:~:text=Summary,to%20ALS%20research%20and%20patients
[8] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6311367/#:~:text=Neurological%20disorders%20are%20now%20the,has%20been%20a%20rare%20disorder
[9] https://www.michaeljfox.org/news/second-under-skin-infusion-parkinsons-earns-fda-approval
[10] https://www.ninds.nih.gov/current-research/focus-disorders/parkinsons-disease-research/parkinsons-disease-challenges-progress-and-promise
[11] https://www.nature.com/articles/s41386-025-02097-0
[12] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6311367/#:~:text=Neurological%20disorders%20are%20now%20the,has%20been%20a%20rare%20disorder